Le piano oriental

, par Caillon Dorriotz

Pour cette première chronique de notre coin librairie, nous voulons vous faire découvrir un roman graphique : le piano oriental de Zeina Abirached publié chez Casterman.

Le résumé de l’éditeur : "Un récit inspiré de la vie de son ancêtre, inventeur d’un nouvel instrument de musique dans le Beyrouth des années 1960. Folle tentative pour rapprocher les traditions musicales d’Orient de d’Occident, ce piano au destin méconnu n’aura vu le jour qu’en un seul exemplaire, juste avant que la guerre civile ne s’abatte sur le Liban. Une métaphore amusante - et touchante - de la rencontre de deux cultures, de deux mondes, qui cohabitent chez Zeina et dans son oeuvre."

Le dessin vous fera immanquablement penser à celui d’une autre artiste orientale, Marjane Satrapi. Mais si la technique est similaire - du noir et blanc avec une large place laissée au noir - chacune à son propre style. Ce qui frappe chez Zeina Abirached, c’est la poésie qui se dégage de son livre. Une poésie graphique bien sûr, mais aussi, chose tout à fait originale, dans le texte, si tenu qu’il puisse être dans une bande dessinée.

Si l’histoire est celle du piano oriental, le propos du livre est bien la langue, celle de la musique tant que celle de l’homme, et le métissage culturel qui s’immisce en vous, qui fleurit en vous lorsque, comme Zeina Abirached, vous en possédez deux.

Pour l’anecdote, le piano oriental n’est pas la seule tentative d’un artiste libanais d’allier deux mondes dans un même instrument. Nassim Maalouf, frère de l’écrivain Amin Maalouf, a lui inventé une trompette orientale dans les années soixante. Elle est aujourd’hui consacrée par son fils, Ibrahim, musicien de renom, qui lui fait parcourir le monde.